Les élèves de DS3 à Océanopolis : les sens en éveil

Jeudi 31 janvier, les onze élèves de l’option « Découverte Scientifique 3e » se sont rendus à Océanopolis. Thème de la demi-journée : à la découverte des mammifères marins. Le but est de posséder un minimum de connaissances sur ces animaux, dans la perspective de participer à un relâcher de phoque, dès que l’un des pensionnaires de la clinique sera prêt… La matinée s’est déroulée en deux temps : une visite animée de l’exposition dédiée, dans les halls des pavillons tempéré, polaire et tropical, puis un atelier. Les sens ont été fortement sollicités.

Tout d’abord la vue : les maquettes grandeur nature des orques exposent le dos d’une femelle qui, bien qu’imposante, semble bien modeste à côté de l’aileron dorsal du mâle. Cet appendice, en forme de triangle isocèle, permet de distinguer les représentants des deux sexes : il peut atteindre 2 mètres chez ces « messieurs », contre « seulement » 90 centimètres pour ces « dames ». Et que dire du jeune rorqual dont la taille, pourtant impressionnante, ne représente que la moitié de celle d’un adulte (jusqu’à 25 mètres, soit la longueur d’un grand bassin de piscine) ?!

Le toucher n’a pas été en reste : la main passée sur la lèvre inférieure de la maquette (à l’échelle…) de la baleine franche de Biscaye révèle la présence inattendue de poils, caractère commun à tous les mammifères. La même action sous la patte antérieure du sirénien femelle révèle quant à elle la présence de tétines, à l’origine du mythe qui a donné le nom à cet ordre. En effet, pour allaiter son petit hors de l’eau, la mère le maintient contre elle à l’aide de son autre patte. Pour peu qu’en remontant à la surface, des algues se soient accrochées à son crâne, la voilà parée d’un longue chevelure : la silhouette est alors similaire à celle d’une femme allaitant son enfant. Les sens brouillés par les vapeurs d’alcool, on comprend mieux comment des pirates ont pu propager la légende des sirènes…

La sollicitation de l’odorat a été un peu moins agréable : bien que conservés dans de l’alcool, certains restes d’estomac d’orque ont une odeur pour le moins particulière. Le calendrier de maintenance aidant, des odeurs de peinture et de résine ont « chatouillé » nos narines, pour le plus grand plaisir des futurs « marins d’eau douce » qui pourront piloter des modèles réduits de bateaux sur un bassin refait à neuf.

Fin de la matinée en apothéose : concert de clics et de vocalises. Les sons enregistrés grâce à des hydrophones ont retenti comme des feux d’artifice. Il y en avait de toutes sortes : depuis les miaulements émis par le phoque afin de sonder la glace (et trouver les trous de respiration), en passant par les clics du cachalot en chasse ou l’étonnant bruit de klaxon de vélomoteur du narval, jusqu’aux sifflements du béluga (d’ailleurs qualifié de « canari des mers », ambiance « forêt tropicale » garantie !). Notre oreille humaine ne détecte qu’une partie de ces sons. Les infra-sons, indétectables par l’Homme, se déplacent sur des distances si grandes que l’on dit qu’ils permettent aux baleines de communiquer d’un océan à l’autre.

Nos papilles gustatives n’ont pas été sollicitées mais nous avons découvert le sixième sens des odontocètes (littéralement « cétacés à dents », tels le dauphin, l’orque,…). C’est une sorte de radar « high-tech » intégré qui permet de communiquer, bavarder, repérer des obstacles, des proies sous l’eau. L’émission du signal est assurée par le « melon » (au niveau du front) et, après réflexion par un obstacle ou une proie, la réception du signal est assurée par la mâchoire inférieure. A quand l’application humaine afin de remplacer le téléphone portable ?…

Bien entendu, la matinée a permis d’enrichir considérablement notre culture scientifique et a été émaillée d’une foule d’anecdotes :

  • le narval mâle avec sa dent torsadée prise pour une dent de licorne, dont la poudre est un antipoison réputé au Moyen-Age ;
  • Pakicetus Attocki (les ossements fossiles proviennent du Pakistan, d’où son nom…) est l’ancêtre le plus ancien des cétacés et … marchait à quatre pattes. Ses descendants possèdent encore aujourd’hui un os vestigial de la hanche ;
  • le cachalot, champion toutes catégories de la plongée en apnée : balades dans les abysses par trois mille mètres de fond et durant cent quarante minutes.

Prochaine étape à Océanopolis : jeudi 14 février, de 10h à 16h. Au programme : atelier « Les coraux en danger », et visites animées du pavillon tropical et de l’exposition « Abysses ». Gageons que cette journée va à nouveau être très enrichissante !

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