Après un départ aux aurores le vendredi 25 janvier puis un ramassage successif des établissements bretons sélectionnés, nous prenons la direction de Bordeaux.
Nous arrivons vers 15h 30 à destination, il faut maintenant confirmer l ’inscription et gérer la partie administrative avec l’ hébergement et la restauration. Cette partie, c’est mon boulot.

Nous découvrons le lieu de compétition, la plaine des sports « Colette Besson » , médaillée d ’or de 400 m aux JO de Mexico en 1968, de quoi faire rêver nos jeunes….
Nous croisons Renaud Lavillenie, perchiste et parrain du championnat.

Le parcours semble très plat, roulant et le sol est calcaire, donc dur… Des pointes de 6 mm suffiront et l ’allure de course risque d’être rapide, le départ va être primordial… Il faudra faire attention aux coups de coudes , aux pointes des autres et aux chutes ….

Après une bonne nuit à l’hôtel, nous nous retrouvons le lendemain au petit déjeuner, le stress monte, j’incite Mathéo à manger davantage au petit déjeuner, et les filles en profitent pour forcer la dose de nutella, on sait quoi leur offrir pour leur faire plaisir …il va être important ce repas.

La course des minimes filles est prévue à 13h 15 et celle des minimes gars est à suivre à 13h 45. Nous faisons ensemble le choix de ne pas aller prendre un repas avant, les navettes sont trop aléatoires et nous voulons encourager nos anciens élèves, les lycéens de Kérichen (Titouan , Faustine, Elise, Brieuc). Ils souffrent, les visages sont crispés.

Les minimes filles sont maintenant à l’échauffement, Jeanne a strappé sa cheville, les lacets sont bien serrés et les dossards pucés sont en place. Elles font la queue en chambre d appel et se refroidissent … Aziliz est concentrée déjà depuis quelques heures et parle peu. La course est lancée, je repère un endroit où je peux les encourager plusieurs fois. Aziliz déroule sa course, s ’accroche dans les grandes lignes droites et termine 52 ème sur 239 coureuses. Jeanne qui revient de blessure, grimace , elle est « dans le dur » elle se classe 168 ème. Coralie est à 50 m derrière Jeanne , je l encourage et lui demande de s’accrocher à elle, Coco accélère sur les derniers 500 mètres et se classe 177 ème.
Je cours à l’arrivée des filles , sans prendre le temps de connaître à chaud leur sensations de course et file vers les garçons pour vérifier qu ils sont bien en chambre d’appel. Ils sont prêts et me font un petit signe. Ils n ont pas pu encourager les filles de l’équipe car ils devaient s ’échauffer, c est dommage.
Les gars se lancent à leur tour sur le parcours, Youn fait un beau début de course, se place dans le premier tiers. Thomas est juste derrière et Matthéo souffre déjà, les photos de sont visage sont éloquentes , il puise dans son mental pour faire de son mieux pour l’équipe. Thomas accélère à mi parcours et double Youn, sans doute parti un peu vite .Les filles et moi encourageons nos coureurs sur des endroits différents du parcours. Thomas finit 100e sur 241 , Youn 122 et Mathéo 214.

L’équipe se classe 52éme sur 79 équipes . Je les félicite pour leur esprit, leur combativité et leur performance. Je ne doute pas que cette expérience restera gravée dans un coin de leur tête et suscitera des envies. Pour Thomas : poursuivre au club, du souffle des abers. Pour Youn, élève de quatrième seulement, sa mission sera de montrer l exemple au minimes car il peut espérer une deuxième qualification en collège en minimes 2 . Quant à nos futurs lycéens (Aziliz Mathéo Coralie et Jeanne), ils iront chercher leur nouveau professeur d’eps pour les accompagner sur les étapes de qualifications pour se sélectionner aux France 2020 en cadets.

Solène Berger, coach des France CROSS